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Carnets d'une juvéniste

Les carnets d'une chercheure en littérature pour la jeunesse. Réflexions, notes de lecture, petites fictions quotidiennes et résonances photographiques au fil du temps aléatoire de la pensée.

 

Goose Girl de Arthur Rackham

 

Qu'est-ce qu'une "Juvéniste"? Le terme que je propose - m'inspirant en cela des appellations en "iste" dont on gratifie mes collègues, qui "dix-huitiémiste", qui "vingtiémiste", etc. - pour désigner les chercheurs qui oeuvrent en littérature pour la jeunesse.

 

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@ 2005 La Juvéniste

 

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Ausenta

"En l'absence de la voix, la présence de la lettre"

Un dictionnaire aléatoire.

Mon deuxième blog et le dernier (!) ...

 

 

 

Samedi 23 avril 2005 6 23 /04 /Avr /2005 00:00

L'un des franco-clones s'est révélé, de fait, être un "germano-clone". Duplix Jonas 7 (Deutscher Taschenbuch Verlag, 1996) de Birgit Rabish. En français, Jonas 7:clone (Hachette, "Livre de poche jeunesse", 2003). Presqu'un traité de philosophie et d'éthique à l'intention des jeunes adolescents.

L'épigraphe du roman résume le propos de l'oeuvre. Elle est extraite de Hiroshima ist überall du philosophe juif allemand Günther Anders, celui-là qui, dans une discussion de 1942 avec les Adorno, Eisler, Horkeimer et Marcuse de ce monde affirmait: "Le caractère artificiel est le propre de la nature humaine. (...) La production de ce monde et de cette société (...) ne se résume pas à un domaine réservé, la "culture", mais a pour objet le monde et la société humaine tout entiers." En 1942... Cinquante ans et des poussières plus tard, Dolly voit le jour.

 

L'épigraphe de Günther Anders 

De nos jours, / celui qui n'a pas assez d'imagination, / ou celui qui est trop craintif / pour laisser son imagination / se faire une idée juste de ce qui relève du fantastique / celui-là reste un rêveur...

 De nos jours, on ne peut voir vraiment / que les yeux fermés / et  seul est réaliste celui qui a assez d'imagination pour concevoir des lendemains fantastiques

 
 

Visite en pointillés de Jonas 7 : mini-thésaurus sur le clonage

" Jan a dit que, de mémoire de clone, les clones se sont toujours demandé quel était le sens de leur vie. Il prétend que la vie elle-même est le sens en soi." (Jonas 7, le clone)

" Quand un maçon construit une maison pour un client, est-ce qu'il peut arriver à la fin en disant: C'est ma maison", simplement parce que c'est lui qui l'a construite? Non! La maison appartient à celui qui l'a financée. " (le père de Jonas Helcken (le cloné) sur la volonté d'une mère d'emprunt voulant garder le clone qu'elle portait)

"(L)'être humain naît libre tandis que le clone est un outil servant à préserver la santé." (Jonas Helcken, le cloné)

"C'est ton frère. Ton frère jumeau!" (Ilka, soeur de Jonas Helcken, membre du groupe pour la Défense de la vie)

"Cette enfant a pu être sauvée. Grâce à la prévoyance de ses parents. Grâce au progrès médical. Sa mort inutile ne serait-elle pas un crime affreux à l'encontre du devoir d'humanité?" (Texte d'une vidéo publicitaire ventant les services de clonologie)

"D'après le paragraphe 183a de la Constitution, les clones sont des choses. Dans le délit qui vient d'être commis, il s'agit donc d'un vol et non d'une libération." (Docteur Hellman, directrice de Nordmark, société productrice de clone, à la suite de l'enlèvement de Jonas 7)

"L'humain est celui qui est né humain." (Monsieur Kahl, représentant du Parti progressiste européen)

Qu'est-ce qui fait notre humanité? Voilà la question...

La Juvéniste

 

Par La Juvéniste - Publié dans : Pour les ados
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Samedi 23 avril 2005 6 23 /04 /Avr /2005 00:00

Looking-glass, la vie cachée dans le reflet des choses anciennes...

Et les silences, les blancs, les absences...

Un matin d'été au Béguinage

La Juvéniste

Par La Juvéniste - Publié dans : Petites fictions quotidiennes
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Samedi 23 avril 2005 6 23 /04 /Avr /2005 00:00

"Writer's block"... L'expression anglaise pour désigner le frein, le blocage, l'arrêt sur image du processus d'écriture.

Je souffre, en ce moment, d'un "writer's block". Mon roman stagne. La panne sèche. Vite, mon dico! Alain Rey, venez à mon aide, s.v.p.! Fouiller l'origine de la "panne" pour retrouver mes envolées. Tout le monde a ses manies et méthodes pour contrer la mise en rade sournoise de la pensée "écrivante". J'aime bien errer dans le dico, jouer au jeu des étymons, creuser sous les mots, leur tirer les racines.

PANNE: nom d'étoffe; est issu, sous la forme archaïque penne (1080) puis pane (1165) et enfin panne (1200), du latin pinna (plume, aile)

Pour s'envoler à nouveau, reprendre la plume...

La Juvéniste

Par La Juvéniste - Publié dans : Atelier d'écriture
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Vendredi 22 avril 2005 5 22 /04 /Avr /2005 00:00

Défense de...

En ces temps de turbulences OBiennes

où les esprits s'échauffent, dérivent et sont sur la défensive, le climat est gris. Quelques "défenses" venues d'ailleurs pour faire OuBlier les autres...

"Défense": "action de se défendre"; "action de défendre quelqu'un ou quelque chose"; "dispositif protecteur d'un ouvrage d'art exposé à la mer" ;)

 

Montréal, 17 avril 2005

Montréal, 17 avril 2005

Bruges, 21 juin 2004

La Juvéniste

Par La Juvéniste - Publié dans : Climats
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Mercredi 20 avril 2005 3 20 /04 /Avr /2005 00:00

Il y a ces images qui nous viennent. Ces moments non encore réalisés qu'on jette sur la toile. Avec ardeur, avec innocence. Des rouges, des verts, des bleus. Qui n'ont pas encore d'existence. Puis la vie les rattrape...

Mon dernier tableau.

 

J'avais les mains couvertes de couleurs. Puis, mon visage, livide. Souvenir d'une maladie révolue

La Juvéniste

Par La Juvéniste - Publié dans : Petites fictions quotidiennes
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Mardi 19 avril 2005 2 19 /04 /Avr /2005 00:00

 Terminé hier soir la lecture du premier roman de ma liste "franco-clones". (N.B. Si vous connaissez d'autres oeuvres de fiction pour la jeunesse évoquant la question du clonage, n'hésitez pas à m'en laisser la référence.)

Séduite par la page couverture et par la quatrième de couverture (ce qui ne fait pas totalement sérieux, mais la chercheure que je suis a aussi ses intuitions et ses passions graphiques!), j'avouerai cependant que le roman Alpha Clone (Paul Thiès, Rageot-Éditeur, 2004) ne m'a pas totalement conquise. Bien que l'auteur ait plusieurs titres à son actif, ce roman laisse à désirer sur le plan de l'écriture. Beaucoup de lourdeurs qu'une lecture éditoriale plus minutieuse aurait suffi à éliminer.

 
Quelques confusions aussi qui nous font confondre les personnages: le clone David et sa "source", l'adolescent David Lagardie. Dans une histoire de clonage, me direz-vous, pas étonnant. Certes, mais pour que cette confusion soit efficace - si elle est délibérée et devient le centre du propos - elle doit susciter le mystère, être mieux étayée. Or, ici, ce n'est pas la narration qui déplie tranquillement le secret, plutôt de fréquents retours en arrière du lecteur. Pourquoi? La confusion qui règne dans la tête du personnage principal quant à savoir qui il est réellement - clone ou humain? (si tant est qu'il y a une différence, ce que le roman met bien en lumière) -, phagocyte la narration. C'est là où le bât blesse. Ce qui demeure obscur pour le personnage principal, devrait ne pas l'être tout à fait pour le lecteur et le dosage des indices semés ça et là pour alimenter le questionnement, plus précis.

Si je le compare aux romans que j'ai eu l'occasion de lire jusqu'à présent, celui de Thiès a ceci d'intéressant qu'il accorde une importance particulière aux répercussions sociales du corporatisme et du clonage. La "possession" d'un double est, dans l'univers d'Alpha Clone, l'apanage des riches - les "Alpha" -, ces grandes familles qui contrôlent les derniers espaces vivants de la planète. La perspective relève de la dystopie (un terme employé pour désigner, en science-fiction, le contraire de l'utopie), une vision d'horreur sur fond d'hégémonie corporative qui renvoie à notre propre réalité et qu'a bien mis en valeur, par exemple, le brillant documentaire The Corporation (avec Noam Chomsky, Naomi Klein et Michael Moore). Alpha Clone nous projette dans un futur probable où la caste supérieure du moment s'arroge le génome humain pour assurer sa propre survie, n'ayant que faire de celle de la planète et des êtres de basse extraction qui croupissent dans les marges des espaces habités par les riches. Mentalité de "psychopate" diraient les réalisateurs de The Corporation.

Altermondialement vôtre,

La Juvéniste

Par La Juvéniste - Publié dans : Pour les ados
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Mardi 19 avril 2005 2 19 /04 /Avr /2005 00:00

Sous le signe du carré rouge  ("Carrément dans le rouge"), les manifestations étudiantes qui ont coloré le début du printemps québécois sont maintenant terminées. Plus d'un mois de manifestations extraordinaires si l'on considère le passé récent du mouvement associatif étudiant au Québec.

Les motifs de ces actions étaient plus que légitimes. Mettant en péril l'avenir de l'éducation des jeunes Québécois, les dernières politiques du gouvernement Charest menaçaient l'accès des plus démunis aux études collégiales et supérieures.

 

Après une série de tractations avec un gouvernement dont les faiblesses et les erreurs s'étalent chaque jour sur la place publique, les étudiants ont finalement accepté les propositions de Charest et sont retournés sur les bancs des collèges et des universités terminer cette session qu'ils avaient, pour la plupart, acceptés de perdre advenant l'impossibilité d'une résolution rapide du conflit. Les étudiants ont-ils gagné, ont-il perdu au change? L'avenir le dira. Michel Venne dans sa chronique de ce matin - "Hey, les jeunes! Vous avez gagné" - y va de sa réponse:

"Vous avez forcé un gouvernement à admettre encore une erreur grossière, une injustice flagrante,pourtant ignorée jusque-là  par la majorité de vos concitoyens.
Vous l'avez fait reculer.
Vous avez obtenu le réinvestissement, sous forme de bourses, de près d'un demi-million de dollars sur cinq ans, littéralement volés aux plus démunis d'entre vous.
Mais, surtout, vous avez vaincu l'indifférence." (Le Devoir)

Indifférence vaincue?

S'il est vrai que, dans toutes les chaumières du Québec, il aura été impossible de passer à côté de l'événement et que la convergence médiatique autour des manifestations aura encouragé tout un chacun à prendre position, il reste que, tout au long du dernier mois, je me suis demandée chaque jour la même question: "Où sont les adultes dans toute cette histoire?" Si des départements universitaires ont fait paraître des encarts dans les journaux pour manifester leur appui au mouvement, si les syndicats nationaux ont gracieusement fourni aux étudiants les autobus nécessaires à leurs déplacements, pourquoi la frange adulte - pourtant solidaire - de notre société n'a-t-elle pas signifié de manière plus évidente son appui à la cause des étudiants? Que dire des profs des cégeps qui ont profité du mouvement général pour décréter une journée de grève mettant de l'avant leurs propres revendications alors que toute l'attention aurait du converger vers celles des étudiants?


La désaffection de ceux-là même qui, dans les années 60 ou 70 étaient dans la rue, je la retrouve de manière plus subtile dans les romans écrits pour la jeunesse au cours des 25 dernières années. Je suis frappée par le fait que, depuis 1980, les figures parentales, par exemple, sont pour ainsi dire expulsées des romans québécois pour la jeunesse. Or, ces oeuvres écrites par des adultes pour des jeunes reconduisent une vision bien triste des relations (ou de leur absence) existant entre les adolescents et ceux qui ont atteint l'âge de la "maturité". Je suis tentée d'y voir l'un des malaises symptomatiques de notre civilisation : la mise sur un piédestal de la "jeunesse". Pas des jeunes, mais de la jeunesse comme "état permanent". Comment, à ce titre, les adultes d'aujourd'hui - dont les efforts sont légion pour conserver illusoirement une jeunesse depuis fort longtemps chose du passé - pourraient-ils, généreusement et altruistement regarder ceux-là qui sont dans la fleur de l'âge, les supporter? Les adolescents d'aujourd'hui n'ont-ils pas, plus souvent qu'autrement, 40, 50 ou même 60 ans...

Le carré rouge était une invitation...

La Juvéniste

Par La Juvéniste - Publié dans : Carnet du temps aléatoire
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