Des clones et encore des clones! Je viens de terminer la lecture de Unique de Alison Allen-Gray (2004, Oxford University Press, ISBN 0192753355). En Angleterre, ce roman a été sélectionné pour le Booktrust Teenage Prize 2004. Bien qu'il n'ait pas remporté le prix, il s'est tout de même taillé une place dans la "short list".

Un autre ouvrage mettant en scène un héros cloné. La réflexion faite par Dominic sur sa propre nature manifeste toutes les questions philosophiques, morales et éthiques qui font partie du débat sur le clonage. L'un des personnages affirmera, par exemple, que Dominic, n'est qu'un jumeau à distance de la personne dont il est la reproduction exacte (je ne dirai pas de qui!). Est-il possible de réduire le clonage à une simple question de gémélléité? Belle question que pourront se poser les lecteurs du roman. À tous ces égards, le roman, s'il est bien écrit, s'avère comporter plus de "touches didactiques" que celui de Nancy Farmer (voir la page de carnet où j'évoque The House of the Scorpion). Ce qui n'est pas un mal, bien sûr, mais a pour effet, comme c'est souvent le cas,d'alourdir certains passages.
Pour en savoir plus sur le prix Booktrust Teenage Prize 2004: voir http://www.bookheads.org.uk/2004_prize/shortlist.php4
Pour une courte bio de l'auteure: http://www.mtishows.com/bio.asp?bID=3217
Vive les congés sabbatiques qui permettent de prendre le temps de jeter, comme cela, de petites notes de lecture dans la blogosphère avant de retourner à ses moutons.
La Juvéniste
| Les murs ont des oreilles très sensibles. Si délicates, d'ailleurs, qu'il vaut mieux se taire lorsqu'on les approche. | ![]() |
Un jour de juin, à Bruges.
La Juvéniste
Après quelques jours pleins de trop dactivités (renouvellement de subvention, lectures, écriture, spectacle, etc.) pour bloguer en paix, je suis de retour. Un peu de rattrapage, donc
Hier, jai participé au spectacle « Hymne au printemps » du titre dune chanson de Félix Leclerc organisé par notre département pour célébrer la semaine de la Francophonie. Des professeures, des chargées de cours et des étudiantes ont lu, pour loccasion, des textes poétiques. Un étudiant a interprété trois chansons de son artiste préféré, Pépé (un chanteur que je ne connais pas, mais qui semble avoir la faveur populaire auprès des étudiants de notre université tel que j'ai pu en juger par les réactions de l'auditoire. Décidément, mes connaissances musicales mériteraient une mise à jour!). Jai assumé, pour ma part, l'autre partie 'chanson' du spectacle : « Le ciel se marie avec la mer » de Jacques Blanchet, « Pendant que » et « Les gens de mon pays » de Gilles Vigneault, "L'hymne à la beauté du monde" de Luc Plamondon, etc.
Au cours de cette semaine assez chargée, jai commencé la lecture de plusieurs romans en vue de la rédaction d'une communication que je présenterai en mai prochain sur les manipulations génétiques dans les romans pour la jeunesse. Depuis Dolly jusquaux élucubrations raéliennes, le clonage fait jaser, fait écrire aussi. En littérature pour la jeunesse, il est intéressant de constater quaucun sujet chaud néchappe à loeil et à loreille des auteurs qui se font souvent les témoins discrets des grands débats de lheure. Après la drogue, lanorexie, lhomosexualité, la délinquance qui ont fait les beaux jours des vingt dernières années de lédition romanesque ( « problem solving novels » dit-on chez les anglos, romans « socioréalistes » chez les francos), voilà que le clonage offre maintenant un riche terreau thématique pour les fictions destinées aux adolescents.
|
Jai donc commencé à repérer les titres, à parcourir les uvres. Pour lheure, et bien que ma recherche soit encore très fragmentaire, je donne la palme de la meilleure uvre à The House of the Scorpion (Simon & Schuster, 2004. ISBN: 0689852231) de Nancy Farmer. Pourquoi? Pour la précision de lécriture, la justesse du propos, larrière-plan politique du roman, lintelligence du traitement et la finesse de la caractérisation psychologique des personnages, surtout celle du héros, un jeune garçon qui découvre quil est le produit dun clonage. Je nen dis pas plus, question de ne pas en révéler trop |
![]() |
Lheure est venue de retourner à mes moutons (Dolly et les autres). Car la Juvéniste est aussi bergère de livres et son troupeau lattend.
La Juvéniste
Comme disait l'autre, "Pourquoi chanter quand il y a tant à faire?" (Chanson de Luc Granger)
Pourquoi lit-on, en fait? La question a ressurgi ce matin, au hasard d'une réflexion sur un problème théorique en lien avec la réception des oeuvres écrites à l'intention des adolescents.
Cet après-midi, exit la théorie. Pourquoi lit-on? Tout simplement...
|
En repensant au plaisir que m'apportait autrefois la lecture de mon livre fétiche - Jane Eyre de Charlotte Brontë -, je me suis rappelée ces nombreux étés où, assise sur la terrasse, bien calée dans un fauteuil "adirondack", je quittais le monde des vivants pour entrer dans l'univers des mots. Au bout de quelques secondes, ces mots - par un processus alchimique mystérieux qui me faisait les confondre avec les moucherons - disparaissaient complètement pour déplier, comme un origami, un espace aux plis bien nets. Ces plis, je les reconnaissais pour ce qu'ils étaient, les limites d'un tableau qui me plaisait et dans lequel, souvent, il m'arrivait de pouvoir capter mon propre reflet. Cette expérience d'inquiétante étrangeté était doublée de la certitude que j'arriverais un jour, par la voie des lettres, à saisir tout ce qui m'était inconnu et qui était couché, là, sur le papier. |
![]() |
Pourquoi lit-on quand il y a tant à faire? Pour se reconnaître, mais aussi pour s'oublier dans les Autres, pour prêter vie aux fruits de la pensée de l'inconnu(e) qui écrit. Lire aiguise notre regard sur le réel.
Si la lecture nous soustrait en quelque sorte à la vie, c'est pour nous obliger à prêter la nôtre pendant quelques instants.
Lire, après tout, est peut-être un acte de générosité.
La Juvéniste
Une première... Les "Petites fictions quotidiennes"
Il fut un temps, celui de ma grand-mère maternelle, où la glace faisait partie du quotidien. Été comme hiver. Sur la charette du glacier: du foin et des gros blocs de glace prélevés sur le fleuve. Sillonnant les rues de Montréal - criant sa présence tout au long de l'itinéraire, question d'ameuter les clients potentiels - l'homme remplissait les glacières des riches (l'arrivée de la Fée Électricité dans les maisons changera bien des choses) comme des pauvres.

Lundi: mort de mon frigo. Pas de glacier en vue, mais la chance d'habiter en pays froid.
Entre deux fenêtres, souvenir d'un temps révolu.
La Juvéniste
Le premier roman pour la jeunesse d'Isabel Allende. Pour les adolescents.
En fouillant sur la toile, jai pu constater quil ne sagit pas de la première uvre d'Allende pour la jeunesse. Elle a publié en espagnol, au début des années 70 quelques courts récits destinés aux enfants. Faudrait voir, mais je doute que ces titres soient encore disponibles.
On peut découvrir lensemble des titres publiés par Allende sur son site, http://www.isabelallende.com/. On y trouve aussi quelques photos de sa famille et un axe du temps qui donne à voir les grands moments de sa vie professionnelle. Ma mémoire me faisant souvent faux bond, javais oublié quelle était lauteure de « La maison aux esprits » que jai lu au cours des années 80.
Parce que jaime bien, pour me reposer et aussi pour avoir limpression de voyager, lire dans une autre langue que la mienne, jai lu La Ciudad de las Bestias dans la traduction américaine City of the Beasts (Harper Trophy, 2004) (Je ne lis que les ouvrages théoriques en espagnol
plus facile). Intéressant de constater que la traduction française, elle, est titrée La cité des dieux sauvages (Grasset Jeunesse, 2002).

Ah, les aléas de la traduction! Des bêtes aux dieux
Les titres espagnol et américain donnent un indice sur la nature de la quête du jeune héros de quinze ans, Alexander Cold, et de son amie Nadia qui accompagnent une expédition du International Geographic partie à la recherche dune bête sanguinaire, une sorte de Yéti sud-américain. En choisissant de traduire « Bestias » par « dieux sauvages », Grasset vend la mèche! Fini le mystère
Ces grandes bêtes qui vivent dans la ville légendaire dEl Dorado, ressemblent aux derniers géants décrits et admirablement dessinés par François Place dans Les derniers géants (Casterman,1992), mon « album » préféré, en forme de carnet de voyage. Le propos du roman dAllende, dailleurs, ressemble à sy méprendre à celui de Place.
Au contraire de bien des romans pour les jeunes qui évacuent les adultes de lhistoire, La Ciudad de las Bestias met en scène la grand-mère dAlexander, Kate, une journaliste de renom qui parcourt la planète en quête de sujets chauds. Mais quelle grand-mère! Exit les aïeules gentilles et doudouces. Kate, philosophe minimaliste, croit aux vertus de lexpérience et ne lèverait jamais ne serait-ce que le petit doigt pour aider son petit-fils. « Un voyage de milliers de kilomètres commence par un simple pas », dit-elle (traduction libre). Parfois intransigeante et toujours sèche cocasse, cela va sans dire, si on la compare à la représentation typique de la grand-mère bonbon , Kate trouve sa molle contrepartie dans le personnage de lanthropologue, Ludovic Leblanc, reconnu pour ses ouvrages (en partie mensongers) et ses exploits (qui relèvent de la fumisterie)! Un message, ici : la vérité est entre les mains des enfants.
Laventure a ceci dintéressant quelle force les jeunes aventuriers à revoir leur perception de leur propre monde à laune de celui dune tribu non encore touchée par la civilisation, les « People of the Mist » qui vivent dans « The Eye of the World ». Lil du monde, de fait, est ce village où souvriront les yeux des adolescents quant à la menace queux-mêmes, êtres « civilisés », constituent pour ce petit peuple vivant en marge du monde moderne.
Bien que je naie pu encore mettre la main dessus, une suite de lhistoire une aventure himalayenne, cette fois a été publiée sous le titre Kingdom of the Golden Dragon, en anglais, et Le Royaume du dragon dor, en français. Allende annonce également un troisième tome des aventures qui se déroulera en Afrique.
Dans une courte entrevue, sur le site de Harper Collins, http://www.harpercollins.com/global_scripts/product_catalog/book_xml.asp?isbn=0060589426&tc=ai)
Allende explique quelle a écrit ces ouvrages pour ses petits-enfants. Pas étonnant que ladulte de référence, dans cette série daventures, soit une grand-mère
Une dernière remarque . hors dordre Jespère que le dieu Blog nest pas une bête
La Juvéniste
Un des avantages du blog : la possibilité dêtre tout à la fois un lieu de communication et un centre dentreposage! Autant de notes et de suggestions qui pourront servir à mes étudiants et aux visiteurs potentiels, aux parents ou aux grands-parents qui recherchent quelque chose à mettre sous la dent des petits et des plus grands. Un cimetière de « Post-it » (mes livres, après lecture, sont de véritables oeuvres d'art) Jaimerais bien avoir le temps de faire une section « jeunes » pour discuter directement avec les jeunes lecteurs, mais le temps me manque pour doubler mes commentaires dentrées plus « friendly user ». Cela viendra peut-être, si le besoin sen fait sentir.
Aujourdhui, quelques notes jetées rapidement sur le papier digital suite à la lecture du premier roman pour adolescents de lauteure chilienne Isabel Allende. Une lecture au premier degré, cela dit, qui na rien à voir avec les pratiques dinterprétation qui sont mon lot quotidien. Juste pour le plaisir!
La Juvéniste








