Carnets d'une juvéniste

 

Une juvéniste dans la blogosphÚre. B-logos-sphÚre: la sphÚre de la parole.

 

Dimanche 31 juillet 2005

Du temps aléatoire...

 

Plongés dans le soleil, médina de Fès, juillet 2005

Temps aléatoire des vacances déjà commencé. Les carnets d'une juvéniste se la coulent douce pour le mois qui vient. Hors focus. Du 8 au 21 août, je serai à l'Île-du-Prince-Édouard. Le rouge des teinturiers de Fès ira s'entremêler sur les cartes numériques à celui des terres maritimes canadiennes. Je reviendrai fraîche et dispose pour reprendre et le travail, et les carnets. Éblouie, je l'espère... tout autant qu'au cours des dernières semaines.

Je vous souhaite à toutes et à tous de très belles vacances. Quelques petites notes, peut-être, d'ici le 8 août, puis un peu de silence, donc, avant de reprendre mes déambulations sur la b-logos-sphère. Je pense à vous.

Le Juvaurepos

Jeudi 28 juillet 2005

Murmures 3

Près du restaurant Riad Bahia, médina de Fès, juillet 2005

Rose et ocre. Vendredi de prière. Des hommes en blanc disparaissent dans le murmure des crépis et le calme des mosquées. L'oeil occidental découpe l'espace dans la tranquillité du jour qui luit.

La Juvarpenteuse

par La Juvéniste publié dans : Climats
Mercredi 27 juillet 2005

Sur la route des capucines...

 

 Au pays des capucines... Voilà où j'étais au cours de la dernière semaine. Un coup de tête, un autre, une réservation au Gîte la Capucine, la rencontre avec Julie et Alcide. La cuisine d'une chef, une grande, et les meubles raffinés d'un artisan designer. Tout pour le confort des pauvres corps endoloris par le travail et la  vie urbaine, vitesse "mach 3".

 

Carnets d'une juvéniste au repos (extraits)

SUR LE SEUIL (...) Au téléphone, Alcide vante déjà les talents de sa Julie. De l'amour et de l'admiration dans ces compliments qui n'ont rien à voir avec le commerce. Il y a ce désir de faire le bonheur des autres, celui de recevoir l'étranger comme s'il était chez lui. De fait, deux minutes après avoir passé le seuil de La Capucine, l'impression d'avoir déjà fréquenté l'ancienne maison du notaire de Saint-Placide s'impose et, d'ores et déjà, on se promet de revenir goûter la gentillesse et la chaleur de ses hôtes.

 

 LE FESTIN... DE JULIE (...) Le potage frais, les cailles sauce aux cerises, le gratin de pommes de terre, l'éventail coloré des légumes. Sanglier, autruche, terrines fines, bouchées à l'avenant, baluchon de pâte phyllo, fromage Oka et pommes, etc. La subjugation totale, le plaisir entier. Manger comme on consomme un tableau dans un musée. J'ai dû laisser là les mots de mon livre. Julie parle toutes les langues; ses petits végétaux ciselés racontent sa passion sur fond de porcelaine grège. Ici, pas de titres ampoulés, les plats ont pour nom la description qu'en fait Julie, des plats-périphrases qu'on voudrait pouvoir lire et relire.

 

La Juvemportée

Mercredi 27 juillet 2005

Sauvage

 

Casablanca, juillet 2005

 

Je n'ai pas pu résister. L'appel de la campagne, de la nature. Pas même pris le temps d'un petit branchement avant de m'envoler. Un trop grand besoin de solitude. Pause café. Un mouvement sauvage dont j'ai l'habitude. Une nécessité. Partie en catamini, je reviens un peu contrite. Les départs, il est préférable de les annoncer...

La Juvaventurière

par La Juvéniste publié dans : Climats
Mercredi 20 juillet 2005

Murmures 2

Au hasard d'une promenade sur Talaa Kabira, médina de Fès, juillet 2005

Une porte, une fenêtre. Et, entre les deux, le temps qui passe, qui grignote, qui ramène au promeneur du présent les rêveries des siècles disparus.

Pierre à pierre, mur à mur, le temps moissonne les maçons et appelle le ciment du vivant.

La Juvenréf(l)ection

par La Juvéniste publié dans : Climats
Mardi 19 juillet 2005

Revu et corrigé

Traduction néophyte (corrigez-moi si je me trompe) : Le paresseux et le voleur

Un éditeur désire remettre sur le marché un ouvrage très populaire, mais épuisé. Quels choix s'offrent à lui lorsque vient le temps de lui donner une nouvelle vie? Deux options principales peuvent être envisagées: réimprimer ou  rééditer.

Si l'éditeur choisit la réimpression, l'oeuvre sera réimprimée sans aucun changement. On parle alors de "retirage". S'il choisit la réédition, l'oeuvre est soumise à un nouveau travail éditorial qui peut viser tant le texte que ses entours. L'oeuvre originale peut être augmentée; des notes en bas de page ou une nouvelle préface de l'auteur peuvent lui être ajoutées. On révisera parfois l'introduction ou on la remplacera par une autre, plus récente, de la main d'une personne "de qualité". Etc.

Dans le cas de la réédition d'un album pour la jeunesse, il arrive non seulement que le texte soit sujet à modifications, mais également que les illustrations soient retouchées ou complètement refaites. Lors de mon séjour au Maroc, j'ai pu mettre la main sur un cas intéressant de réédition d'un court récit destiné aux très jeunes lecteurs.

Impossible, pour l'heure, de déchiffrer l'histoire (la page couverture, toutefois, rappelle une certaine fable de La Fontaine mettant en scène un corbeau et un renard; ici, un corbeau et deux chats!), mais la "réfection graphique" parle d'elle-même. Voyez...

 

L'original

 

Sa révision

 

La facture de chacune des oeuvres permet de penser que plus de vingt ans séparent les deux éditions. Que remarquez-vous de particulier dans ce revampage? Une forte influence du dessin animé américain? Le deuxième album, de fait, est "de son temps". Il reflète une vision "internationalisante" des produits destinés aux enfants.

Cette vision rappelle, mais dans un autre registre, la définition de l'adolescent international: un « miroir modèle pour les jeunes des pays nantis, et [un] idéal pas forcément inaccessible pour ceux des pays déshérités. […] ». Selon l'auteur de cette définition, Philippe Adjutor, la publicité jouerait un rôle important dans la constitution d'une « culture jeune » (on pourrait ajouter à cela le cinéma et le dessin animé et certains ouvrages de fiction qui, aujourd'hui, traversent allègrement les frontières) qui viendrait remplacer la culture d'origine:

"[…] dans cette imagerie, rien ne semble présenter l’adolescent comme en « passage » vers un autre âge. La perte de son rapport à l’histoire et à la mémoire, au profit du présent et de la modernité fait qu’il se sent moins relié aux générations qui l’ont précédé […] qu’à ses contemporains de l’autre bout de la planète. […] [C]onforté par les références vides, mais rassurantes de la « culture jeune », notre adolescent s’installe dans une immanence dont rien ne le pousse à sortir"

Voir l'article "adolescent international" rédigé par Philippe Adjutor dans le Dictionnaire critique de la mondialisation (Paris, Le Pré aux Clercs, 2002, p. 26 et s.) dirigé par François de Bernard.

Dans les deux double-pages que j'ai insérées plus haut, plusieurs détails méritent l'attention dont certains tendent à confirmer les dires d'Adjutor. Une sorte de "centrisme juvéniste" en lieu et place de références propres à l'environnement immédiat du jeune lecteur. On peut également noter plusieurs stratégies visant un meilleur accès à l'oeuvre et un renforcement des liens avec le public cible. 

Je n'en dirai pas plus... Ouvrez les yeux!

La Juvéniste

Lundi 18 juillet 2005

Une Juvéniste au Royaume du Maroc, version LJ

 

 

Impossible, pour une juvéniste, de résister à l'appel des livres...

Aussi, le dernier jour de ma virée marocaine a-t-il été, entre autres, consacré à la recherche d'une librairie. Je me suis donc retrouvée - 26, rue du 16 novembre à Fès - dans les locaux de la Librairie populaire, ce qui m'aura donné l'occasion d'alourdir mes bagages d'un kilo (à tout le moins) d'imaginaire marocain pour les tout-petits.

 

J'ai dû lutter, bien sûr, contre l'envie de vider les rayonnages. De fait, ma première sélection a dû être réduite de moitié! Donc, raisonnable et pratique, j'ai choisi parmi les oeuvres les plus récentes de la littérature marocaine pour la jeunesse quelques cas exemplaires produits par chacune des trois maisons d'édition qui publient l'essentiel des titres marocains pour la jeunesse (en français ou bilingues, français-arabe). J'ai aussi acheté quelques titres scolaires en arabe, mais il me faudra en déchiffrer les titres avant de vous en parler, ce qui pourra, on l'imagine, prendre un certain temps!

Les oeuvres que j'ai ramenées couvrent divers genres et formats (albums, récits, contes, roman). Chez Yomad et Marsam, il est intéressant de constater que les albums publiés dans les deux langues offrent une double possibilité de lecture (de la droite vers la gauche, et vice-versa), la quatrième de couverture de la version française correspondant à la première de la version arabe. Il faudra voir, cela dit, si cette lecture à double direction qui rappelle le boustrophédon (!) est réellement opérante, car, sur le plan narratif, le déchiffrement des illustrations dans les deux sens est un défi de taille. Encore là, il me faudra peaufiner (et le mot est très très faible...) mon arabe pour pouvoir en juger.

Dans ma valise...

Aux éditions Yomad fondées par Nadia Esselmi

Samia Benatya et Mohsine Drissi, Le pouvoir magique (2001)

Charlotte Bousquet, Zaïna et le fils du vent (2001)

Mohammed Dib et Alexis Logié,  Salem et le sorcier (2003)

Aux éditions Marsam

Mohamed Azedeline Tazi et Abdelkader Laaraj, La cigogne boiteuse (2002)

Abdellatif Laâbi, Saïda et les voleurs de soleil (2004)

Odile Sureau Laqabi et Mohamed Krich, La libellule voleuse (2001)

Odile Sureau Laqabi et Mohamed Krich, La cigale Super star (2003)

Odile Sureau Laqabi et Mohamed Krich, La fourmi fouineuse (2002)

Aux éditions La croisée des chemins

Nelly Chaoui et Marianne Barcilon, Les tapis de mon pays. Les tapis du bled (2003)

Sonia Ouajjou, Les Jnouns de la médina de Fès (2001)

Mon préféré...

Bonne lecture!

La Juvéniste

Voir...

Éditions Yomad (Rabat)

Éditions Marsam (Rabat)

Éditions La croisée des chemins (Casablanca)

Des auteurs...

Abedellatif Laâbi

Sonia Ouajjou

Mohammed Dib

 Charlotte Bousquet 

 
 
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