Le TOP4 du scribouilleur

Publié le par La Juvéniste

Si la maîtrise de l'écriture occupe une place de choix dans le TOP4 des talents essentiels pour se lancer en fiction,  elle n'est pourtant pas suffisante pour devenir auteur. La création demande aussi un potentiel imaginatif que ce "savoir écrire" permet de manifester. 

S'il est périlleux de hiérarchiser les qualités qui font l'écrivain, je pense toutefois que quatre qualités incontournables doivent, dans l'ordre ou le désordre, faire partie de la panoplie du scribouilleur.

- la maîtrise de l'écriture (connaissance des règles grammaticales et des procédés littéraires);
- l'imagination (qu'alimentent la curiosité et les facultés d'observation);
- la discipline (mettant en relief les facultés d'ordonnance et de régie du travail);
- la persévérance ( à laquelle est intimement liée la patience).

 

 

Ma chaise

Ajoutons à cela une substance magique, la "bum glue" (Elizabeth George, Write Away, Harper Collins, 2004), cette colle qui permet de river l'écrivain à sa chaise!

La Juvéniste

Publié dans Atelier d'écriture

Commenter cet article

walsong 16/08/2005 14:48

Je reviens ici pour la réponse à mon commentaire! Au Québec la publication (remarques ça donnerait une image plus "humoriste" du français raleur non? lol)
Bin si c'est pas la rigueur, je vais dire la persévérence alors (parce qu'à partir du moment où quelque chose m'est imposé j'ai une fâcheuse tendance à faire ma forte tête! - aussi rebelle que ma tignasse!)
Reposez-vous bien tous les trois et revenez (vite? Non c'est égoïste de ma part! Dès que vous le pouvez c'est mieux?)
Bises de K à J et L

La Juvéniste 27/07/2005 01:42

Toi, manquer de rigueur! Oh! la supposée fénéantise des dragonnes! Il faut voir comment dans tes textes rien n'est laissé au hasard... Un grand souffle, une grande spontanéité et aussi une vision à laquelle n'échappe rien (à preuve tous ces apartés, ces digressions signifiantes). Donc, je ne te crois pas vraiment!!!
Et puis, je le réitère, le dit, le répète et le redit: il faudra publier ces opéras farfelus. Peut-être au Québec... Pourquoi pas?
À suivre, chère dragonne,
Bises de JetL à K

walsong 26/07/2005 09:14

Là, je me suis arrêtée.
Une des qualités primordiale: la rigueur.... donc, voilà pourquoi je ne veux pas "écrire" j'en manque considérablement et surtout de persévérance... feignante là aussi lol
Bises de K à J et L

La Juvéniste 27/04/2005 21:20

Un nouveau lecteur! Merci Jean-Christophe pour ce commentaire. Comme les préceptes du TOP4 renvoient à une vision très générale de l'écriture, il y a, de fait, place pour l'ajout d'autres "règles" qui relèvent d'une perspective individuelle. Ainsi en est-il, pour toi, du détachement. Pour certains écrivains, le détachement est impossible puisqu'ils "s'écrivent" en quelque sorte, à travers leurs oeuvres (ce qui rejoindrait, en quelque sorte, une vision "thérapeutique" de l'écriture). Ils souhaitent se mettre en scène. D'autres, par contre, "jouent le jeu" de l'autobiographie tout en demeurant à distance; c'est le cas pour Yourcenar. Cela dit, même lorsque l'auteur tente délibérément de "se soustraire" de son oeuvre, il y demeure présent, car il y a bien toujours une main qui écrit. Si certaines oeuvres semblent relever d'un narcissisme outrancier (on a reproché cela à Beigbeder, par exemple, et la question, du point de vue d'une herméneutique littéraire demeure sujette à débat), d'autres plus discrètes n'en révèlent pas moins les singularités de l'être, mais dans sa nature "écrivante". Étant herméneute (interprète des textes) et m'intéressant donc aux particularités des écritures individuelles, j'ai beaucoup réfléchi à cette question. C'est le texte qui est mon objet d'étude et non celui (l'être réel et de chair) qui l'a produit. L'auteur "virtuel" que je retrouve dans un texte (à travers la récurrence, par exemple, de procédés stylistiques ou poétiques, les résonances thématiques, etc.) est le seul que je me permette de reconnaître. À ce titre, que la vie de l'auteur réel transparaisse dans ses créations n'a que peu d'importance (la critique biographique, d'ailleurs, n'a plus bonne presse dans les milieux littéraires...), c'est la matière de l'oeuvre elle-même qui mérite l'attention. Je ne pourrai jamais avoir accès à Balzac qu'à travers ses mots et ce sont eux qui m'importent; comment ils sont agencés, comment ils construisent un univers qui n'appartient, en propre, qu'à Balzac, mais tel que son écriture le construit "dans" et par le texte (un Balzac que, pour cela, on dit "virtuel"). Je m'arrêterai ici puisqu'il me faudrait des pages pour ne serait-ce qu'entrevoir le fond de cette question!
Pour ce qui est de l'écriture pour la jeunesse, il est vrai qu'elle est difficile dans la mesure où l'intentionnalité propre à ce type d'écriture (écrire "pour" un jeune public sous-entend certaines contraintes) ne doit pas entraver la création. De là, mes propos un peu plus haut sur la distinction entre simplicité et simplisme, ce dernier étant l'un des "contrecoups" possibles de la difficulté à construire du complexe (et, par là, du littéraire) tout en demeurant "accessible".
Il ne faut pas me lancer sur ces sujets, comme tu peux le voir! J'écris alors des romans! Au plaisir d'une prochaine visite. Je retournerai lire tes textes (ce que j'ai déjà fait) à la lumière du commentaire que tu as déposé chez moi! À bientôt!

Jean-Christophe Heckers 27/04/2005 16:02

Je crois, hélas! être dépourvu de la qualité majeure de la "discipline" (j'ai un sens de l'organisation très... aléatoire).

Par contre je m'efforce de respecter l'exigence de simplicité, même si le résultat n'est pas à la hauteur de mes espérances - je demeure entravé par une légère tendance à la prolixité vaine.

Une chose est certaine, j'aurais bien du mal à me lancer dans la littérature pour la jeunesse - dont je me demande si ce n'est pas le genre le plus difficile...

J'aimerais rajouter une qualité (en est-ce une ?) :
le détachement, ou pour le dire mieux le fait de ne pas imprimer trop de soi dans la page. Ne pas se laisser transparaître, en somme...
(Non, je suis encore confus... trant pis.)