Cloning Miranda

Publié le par La Juvéniste

Dans la série de mes lectures portant sur le clonage dans les oeuvres de fiction pour la jeunesse: deux nouveaux titres de l'auteure canadienne-anglaise, Carole Matas.

"Encore des oeuvres en anglais?" me direz-vous. Rassurez-vous. Mes notes de lecture sur les titres publiés dans la langue de Molière suivront dès que la commande que j'ai faite par voie électronique sera honorée! Il faudrait d'ailleurs qu'elle arrive bien vite puisque la communication que je dois présenter est prévue pour le 11 mai, dans le cadre du congrès annuel de l'ACFAS (Association canadienne-française pour l'avancement des sciences).  Pour l'heure, je n'ai réussi à dénicher dans les librairies de Montréal que deux titres dont je vous parlerai bientôt: Clone à risque (Ottawa, Pierre Tisseyre, 2004) de Diane Bergeron et "L'espionne et les clones" de Marie-Aude Murail publié dans la livraison de novembre 2004 du magazine J'aime lire (numéro 173).


 

 

Le diptyque de Carole Matas sur le clonage


Revenons donc à nos anglo-clones! C'est sous la rubrique "Fiction of Today" que se trouvent répertoriés dans le site de l'auteure les romans Cloning Miranda (Markham, Scholastic, 1999) et The Second Clone (Markham, Scholastic, 2001). Écrites à la suggestion de l'agent de Carole Matas, révisées par des spécialistes de la génétique, ces oeuvres pourraient s'inscrire sous la rubrique "roman socioréaliste", mais par anticipation! De fait, bien qu'elle ne comporte aucune indication temporelle, l'histoire se situe dans un aujourd'hui potentiel. En témoigne, par exemple, une blague sur les blondes (...!).

Atteinte d'une maladie incurable, Miranda découvre non seulement qu'elle est le clone du premier enfant de ses parents, mais qu'il existe également une copie parfaite d'elle-même: "Ten", créée et élevée en laboratoire pour fournir, au besoin, les organes ("body parts" (113)) nécessaires à sa survie ("I am unimportant. I live only to serve you" (129)). S'ajoute à ce double symboliquement baptisée "Ariel", une "triplette" qui recevra, elle, le nom de la première femme (du moins, d'un point de vue biblique): "Ève". L'ensemble de la suite romanesque met en lumière les interrogations philosophiques de Miranda et de ses copies sur l'essence qui fait notre humanité ("I wasn't born. I was created (...) I'm a freak. A monster. A thing. It's why I'm so smart. (...) They made me smart. (...) Go home, Emma. Go find a real friend" (122)). La réponse d'Emma, la meilleure amie de Miranda, à l'affirmation "I'm just a bunch of DNA programmed to behavein a certain way" (123) fournit l'élément-clef de la réflexion qui traverse l'oeuvre de Matas: "we're all like that. I mean we all get certain traits passed on" (123).

Comme dans le roman Unique, aucune poursuite ne sera intentée contre les responsables du clonage (ici, tout autant les parents de Miranda que le médecin). De fait, l'héroïne réalise qu'une action en justice aura pour effet pervers d'attirer sur elle l'attention des médias du monde entier et que sa quiétude sera, à jamais, rompue.

Si l'efficacité narrative ne fait aucun doute dans le premier tome du diptyque, les péripéties du second roman s'avèrent peu crédibles. Les éléments didactiques inhérents à ce type d'ouvrage sont, cela dit, assez habilement intégrés à l'histoire. Enfin, les relations intertextuelles que permettent, entre autres, d'établir les noms de Miranda et d'Ariel avec l'oeuvre dramatique de Shakespeare (The Tempest) contribuent à étoffer le propos.

Une recherche dans internet m'a permis de découvrir que le laboratoire de création "Le Gousset Vide" (Paris) prépare "un spectacle en humour noir qui, réexplorant le personnage de Miranda de "La Tempête" de Shakespeare jette un regard acerbe sur les moeurs de notre société occidentale contemporaine" intitulé "Cloning Miranda". S'agit-il d'une adaptation théâtrale du roman ou d'une simple reprise du titre de Carole Matas? Je ne sais pas ("humour noir" me fait douter). À suivre.

 

 

La Miranda de Shakespeare vue par John William Waterhouse


"O, wonder!
How many goodly creatures are there here!
How beauteous mankind is! O brave new world,
That has such people in't!"
(Miranda)
William Shakespeare
The Tempest - acte V, scène I

Humainement vôtre,

La Juvéniste

Publié dans Pour les ados

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La Juvéniste 19/04/2005 22:53

Juste avant de me débrancher, j'ai découvert ton commentaire. Ça fait toujours extrêmement plaisir. C'est vrai qu'il est beau le Waterhouse. Il date de 1916.Si tu veux en voir d'autres, va à l'adresse suivante: http://www.mezzo-mondo.com/arts/mm/waterhouse/
Au plaisir d'avoir à nouveau ta visite! Et, moi aussi, comme tu peux le contaster, j'aime beaucoup lire!

Meli 19/04/2005 22:17

J'aime énormément ce tableau ! je ne le connaissais pas ! merci de l'avoir publié ici ! :)
Bonne continuation ! je repasserai, j'aime beaucoup lire ! :)

Meli