Mon premier livre

Publié le par La Juvéniste

Mon premier livre, je m'en rappelle comme si c'était hier. D'autant plus que je l'ai encore et que je le ressors, parfois, à l'occasion d'un cours, ce qui fait sourire mes étudiants. J'avais deux ans lorsque ma grand-mère m'a offert l'album, un imagier présentant les animaux de la ferme avec leurs petits. Si les images étaient intéressantes - à la mode des années 60 et aux couleurs savoureuses de l'imprimerie hollandaise -, si je ne me lassais pas de regarder la vache et son veau, dame canard et son caneton, etc., si j'aimais tourner moi-même les pages épaisses de cet objet fascinant, il reste que les mots, les signes, m'intéressaient davantage que les illustrations. Comme Pythagore qui croyait au Quid - ce feu intérieur qui, sortant de l'oeil, permet la vision -, je croyais ma grand-mère dotée d'un pouvoir magique qui lui permettait de déchiffrer ces traces bizarres que mes yeux voyaient mais ne décodaient pas. Peut-être cette magie lui venait-elle de son nom de famille, Galarneau, qui, pour les Québécois, signifie le "soleil" ("Tiens! Galarneau s'est pas levé à matin").

Ce qu'elle me disait différait de ce que je pouvais percevoir. Ses paroles dépassaient l'étendue de l'image pour m'amener ailleurs.

C'est cet ailleurs qui m'a menée en littérature.

Je ne doute pas qu'il y ait, aux recoins de la mémoire de chacun, un livre qui sommeille. Celui-là, le premier noeud du fil rouge auquel tous les autres viendront s'arrimer._.. __... ___.... ____..... _____.  

 

Tante Lucille, conteuse radiophonique, qui a rendu magiques les samedis de mon enfance, tous les weekends sur les ondes de Radio-Canada.

Toujours de découvertes en découvertes,

La Juvéniste

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