Manuscrit - Le début de la fin...

Publié le par La Juvéniste

Vous écrivez un roman, une nouvelle, un recueil de poèmes? Vous ressentez l'urgence d'imprimer ces pages sur lesquelles vous avez versé larmes (pour certains) et sueur (pour les autres), l'irrépressible envie de mettre le quart de la demie du centième du premier jet de votre manuscrit entre les mains d'un tiers (ami, Supra Lecteur, professeur, petite soeur, grand-mère, spécialiste-des-études-littéraires et autres explorateurs potentiels de votre virtuel-rejeton-pas-encore-né). Devez-vous suivre votre impulsion première?
La question est délicate et la décision vous revient. Mais en reviendrez-vous? Êtes-vous réellement prêt?

 Pendant des années, après avoir écrit les vingt ou trente premières pages d'une oeuvre en chantier, je ressentais l'urgence de les donner à lire. Or, comme les mères oiseaux dont on dit qu'elles ne s'occupent plus de leurs oisillons lorsqu'une main étrangère les a touchés, dès lors qu'il me revenait, mon texte me semblait ne plus m'appartenir.

 

Quelques petites feuilles qui ne font pas la plante...


Ce sentiment étrange s'installait au moment même de la lecture de mon "oeuvre", car, le plus souvent, je surveillais - le coeur, petite pomme en compote - mon lecteur choisi, ce malheureux hère dont j'attendais les commentaires. Les yeux suspendus à son visage, je guettais les clignements d'yeux (je l'endors...), les soupirs (je l'horripile), le retour sur une page antérieure (je le perds!), etc. Résultat des courses? Ces pages, quelques jours plus tard, prenait le chemin de mes tiroirs.

Pourquoi ne faut-il JAMAIS (je suis péremptoire, je le sais!) faire lire le premier jet de votre manuscrit? À suivre...

Sciemment discutable (allez-y de vos commentaires!),

La Juvéniste    :-)     (<---   j'apprends une autre langue...)

Publié dans Atelier d'écriture

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walsong 07/07/2005 10:41

L'impulsion de faire voir à l'autre sa production, on l'a tous, quelle que soit cette production.(même quand on essaie une tenue pour une occasion quelconque et qu'on demande l'avis aux autres, on s'engage ainsi à la critique même positive et c'est dur d'encaisser le fait que cela ne soit pas parfait)
Je ne pense pas que cela soit de l'orgueil ou de la fatuité, mais c'est NOUS cette oeuvre et le coup, c'est NOUS qui le prenons en pleine poire.
Je ne montre plus rien, je balance ou je pose mes productions (textes ou créations manuelles diverses). Je sais, c'est un peu tyrannique comme attitude car ça oblige les autres à plus ou moins bien "subir" la vision des mes oeuvres mais ce qui est fait est fait, et la critique, je la garde, pour l'oeuvre suivante, comme mode d'emploi ou garde-boue à mes débordements et errances.
Bises de K à J et L

La Juvéniste 19/06/2005 02:27

Il n'est jamais trop tard, Malikace, pour réouvrir les cartons! La distance aidant, ces trésors à moitié oubliés peuvent nous surprendre! La Juv

malikace 18/06/2005 15:56

C'est très juste ce que tu dis... je me souviens qu'ado j'ai écris une nouvelle et avant de la modifier je l'ai fait lire par une amie. Qui ne m'a posé qu'une question : pourquoi avoir décrit la rencontre amoureuse et ce qui s'est passé après la rupture sans avoir écrit l'histoire d'amour ? Mais comment aurais-je pu lui dire que cette histoire je le voulais tellement pure qu'elle en devenait indicible. J'ai rangé la nouvelle, non dans un tiroir, mais dans un carton et n'y ai plus jamais touché.

La Juvéniste 28/05/2005 19:28

Bonjour Swax,
Drôle que le hasard vous ait mené par voie de titre interposé sur mon blog! Je parle dans l'article de mon expérience. Elle ne vaut pas pour tout le monde. Mais, je crois, cependant, que faire lire le premier jet d'un manuscrit s'avère toujours délicat. Un geste souvent prématuré, puisque l'oeuvre n'a pas encore atteint sa première forme complète. Je suggère ici d'attendre le deuxième jet. On en a alors fait le tour un première fois et le véritable travail d'écriture commence. À ce moment, toujours selon moi, l'avis des lecteurs peut nous être très utile. Mais tout cela demeure, bien sûr, une question très personnelle! Merci de m'avoir lue. Au plaisir,
La Juvéniste

swax 28/05/2005 16:15

vous me conseillez donc de ne pas faire lire mes textes avant de les finir, car je risquerai de ne jamais les finir ?

Meci alors, car je brûle chaque fois d'envie de les fair elire (cet article ets amusant qar j'ai tapé le début de la fin sur google car c'est justement le titre d'une nouvelle que j'ai écrite (et finie...))