La bibliothèque : espace-creuset

Publié le par La Juvéniste

Nous avons maintenant la nôtre. Celle que La Presse a décrite comme la "très modeste parente de la TGB" a ouvert ses portes en fin de semaine dernière: la Grande Bibliothèque du Québec (GBQ).

L'intérieur de la GBQ (Photo: Patrick Sanfaçon, La Presse)

Au cours du dernier weekend, 18 000 visiteurs se sont déplacés pour découvrir ce nouveau topos de la culture québécoise. On dit déjà beaucoup de bien de l'Espace jeunes qui s'annonce acceuillant tant pour les chercheurs que pour les tout-petits. 

 

J'ai la très nette impression - cela n'étonnera personne - que je passerai un nombre incalculable d'heures au nouveau Centre québécois de ressources en littérature pour la jeunesse (CQRLJ)! Mais il y a plus encore: au fil des prochaines années seront numérisés de multiples documents qui deviendront ainsi disponibles pour l'ensemble de la communauté des chercheurs. Je ne me tiens plus de joie à la pensée que la première revue québécoise pour la jeunesse, L'Oiseau bleu, sagement pixelisée, pourra être enfin disponible dans un format qui en permettra la consultation. Mes dernières recherches à la Bibliothèque Nationale du Québec s'étant terminées par un sérieux examen de conscience quant à mon droit ne serait-ce que d'entrouvrir (je ne parle même pas ici de "feuilleter", ce qui aurait été d'une "violence" impensable!) ces documents rares et tombant littéralement en poussière, me voilà donc soulagée.

Une bibliothèque invitante, donc, et chaleureuse dont on peut penser, d'ores et déjà, qu'elle s'inscrira dans l'imaginaire des jeunes d'ici.

N'avons-nous pas tous, d'ailleurs, fichée dans un coin du coeur, une bibliothèque fétiche? Celle dont le souvenir exhale encore les odeurs des livres de l'enfance...

 

Le portail "jeunesse" de la GBQ

Je me rappelle ces après-midi de pluie ou de soleil passés dans l'un des fauteuils de la "library" de la petite ville où j'habitais enfant. Je me revois parcourir page à page l'Encyclopaedia Universalis avant de repartir chez moi le panier de mon vélo débordant de la quinzaine de livres que j'avais pu emprunter en utilisant les cartes de bibliothèque de toute la famille (il fallait bien contourner ce "maximum" de trois livres/semaine par personne!).

 

La bibliothèque de mon enfance, aujourd'hui. Plus rien à voir avec celle d'hier...

Cet espace-là, je l'ai dévoré, littéralement de A à Z. Je ne voulais rien manquer! Après avoir lu l'ensemble des livres de la section jeunesse, j'ai entrepris depuis la lettre A la lecture de tous les livres posés sur les rayons dits "adulte". Une aventure exaltante qui m'a fait découvrir les Colette, Dostoïevski, Flaubert, Woolf, de même que les Christie, Leblanc, Magali, etc. Grands comme "petits" (mais je ne connaissais pas à l'époque ces distinctions qui me feront parfois rager par la suite), je les ai tous lus. Leurs oeuvres ont accompagné mon adolescence silencieuse, ponctuée uniquement par le bruit de mes doigts secs (d'avoir trop fréquenté le papier!) pianotant les Bach, Haendel, Schumann et compagnie, ces autres qui assuraient le fond sonore de ma vie.

Autant de rencontres auxquelles je dois - au terme d'une secrète alchimie - la découverte de la porte qui mène à la vie, la vraie, incarnée.

Bruissement de papier, odeur d'encre... légèrement vôtre,

La Juvéniste

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Danfiv 25/03/2006 04:56


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La Juvéniste 17/05/2005 00:50

Cher Wälsung, merci de cette visite. J'imagine que vous avez atterri ici par blog filial interposé! Lulu m'a fait découvrir votre blog tout à fait intéressant. L'opéra, chez moi comme chez son père, fait partie de la vie presque quotidienne et la musique qui a bercé le Lulu est, entre autres, celles des grands opus (il y avait aussi les chanteurs populaires, folklos, et autres habitants d'un monde moins aérien que celui des walkyries! Je ne crois pas que les Bardot, Gall, Dalida, Barbara, Pauline Julien, Diane Dufresne et autres Milva ou Prucnal puissent se réclamer de celui-là, quoiqu'encore... parfois... ). Je suis plutôt baroqueuse, mais les goûts musicaux n'ont pas de frontières. J'en ai pour témoins mes oreilles qui se sont tranquillement habituées à la musique Punk et aux pièces "alternatives" du frère de Lulu! Musique et lecture vont ensemble et les plaisirs de la musique de chambre, par exemple, me rappellent souvent ceux des pages déchiffrées dans un salon tamisé. Comme pour vous, je me rappelle le petit coin de bibliothèque où, pour être tranquille, je me terrais souvent assise en tailleur sur un plancher dont j'arrivais à oublier l'ordinaire, je parle ici des revêtements de linoléum américains!Au plaisir de repasser par chez vous. Lulu est vraiment ravi des réponses que vous avez eu la gentillesse de lui faire et est fasciné par votre blog. Je reconnais bien là son éclectisme, lui qui est passionné par tant de choses. Dont Buffy: échange de passions, ici, puisque c'est lui qui m'a fait découvrir la série dont je suis maintenant accro! Après sept saisons de la tueuse de vampires, me voilà commençant à lorgner du côté de "Angel" disponible en DVD! Entre deux sessions de travail intellectuel, rien de tel!À bientôt!

Walsong 16/05/2005 15:12

Lecture oh divine oxygène!

Lulu petit Eulenspiegel, tu devrais sinon repasser tel un indien sur les traces de ta génitrice, du moins faire jouer la curiosité.
Buffy et comparses ont leur équivalent livresque (du moins en France où je réside) s'il te faut un marche-pied pour accèder au rayon "toute lecture confondue" prend celui-ci (mon fils s'est mis à la lecture par le biais des XFiles parus en librairie et de la série "les livres dont vous êtes le héros")
Pour votre très chère mère, qui a déjà plus d'affinité (ne serait-ce que par la génération) avec le preux Walsong (ou Wälsung) les souvenirs n'ont vraiment pas de frontières! Ma bibliothèque d'enfance reste, encore actuellement coincée entre deux magasins sans aucun rapport avec leur digne voisine (tellement peu de rapport, qu'ils n'arrêtent pas de se succèder) Elle, blanche, digne un peu, "pompeuse" dirais-je, par son architecture très napoléonienne, renferme, une fois franchi son seuil une véritable caverne d'Ali-baba. Ses salles toutes de bois vêtues, aux lumières dispendieuses, à l'odeur unique sont pleines de petits coins sombres, que je préférais apprécier assis en tailleur pour mes lectures, plutôt qu'à la noble et triste table de lecture centrale.
Chose étrange, d'ailleurs, à cette époque, je ne pouvais lire que là. C'est une fois sorti du département de la charente maritime que j'ai commencé à lire (seulement dans ma chambre au début). Mes débuts dans la littérature: Dumas, Edgar Poe, Maupassant, Balzac, et Pierre Loti (normal pour quelqu'un qui venait de sa ville natale Rochefort sur Mer)
Salut de France aux cousins lointains

lulu 08/05/2005 02:15

Tres belle article juvémom, je trouve sa tres interresant que dans ton article tu nous parle de ton enfance débordante de livres de toute sorte. Moi qui n'est pas un fanatique de la lecture jadore quand le soir tu t'assoit a mes coté et que tu me fait découvrire des choses comme Euripide et autres.

p.s. J'ai hate d'aller avec toi découvrire se lieux de perditon quest la bibliotheque.

lulu

La Juvéniste 04/05/2005 14:10

Bonjour Serge. Ah, les "Signes de piste", le prince Éric. Je les ai lu, moi aussi. Il faudrait bien d'ailleurs que j'en relise quelques-un!
Pour ce qui est de l'odeur des livres, ceux que je trouvais hors de la bibliothèque municipale avaient aussi une odeur de... médicaments! Car j'en achetais aussi avec le peu d'argent que je gagnais comme "babysitter" et le seul endroit alors où s'en trouvait un rayonnage (et un seul qui faisait à peine deux mètres de long) était chez le pharmacien du coin. C'est là que j'ai découvert "mon" Jane Eyre en texte intégral. Il ne sent plus les médicaments maintenant, mais Dieu que ce livre a été une bonne médecine!
Par curiosité, je suis allée voir sur Internet l'histoire de notre petite bibliothèque municipale; elle contenait 6000 livres à l'époque de mon enfance... Elle était donc bien petite, mais je la trouvais immense!