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Pour préparer un voyage, rien de tel que la lecture des auteurs du pays, plus évocatrice qu'informative. J'ai parcouru les guides sur le Maroc, évidemment. Mais je préfère imaginer les saveurs et couleurs marocaines sous la plume de leurs chantres.
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J'ai donc commencé la lecture de Rêves de femmes. Une enfance au harem, une vision poético-réaliste du harem des années 40-50, de la sociologue et professeure à l'Université Mohamed V (Rabat), Fatima Mernissi. Sa vision des frontières, influencée par son éducation coranique et son enfance "cloîtrée", diffère de la mienne:
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L'éducation, c'est apprendre à repérer les hudud, dit Lalla Tam, la directrice de l'école (...) (7) Les hudud, c'est ce que Lalla Tam interdit. (...) Depuis, rechercher les frontières est devenu l'occupation de ma vie. L'anxiété me saisit dès qe je ne réussis pas à situer la ligne géométrique qui organise mon impuissance. (6-7) |
Les raisons de cette différence apparaissent évidentes. Ma jeunesse aura été contrainte aussi, mais à l'occidentale. Là, toutefois, où nos expériences se rejoignent sans contredit, c'est dans cette foi en la possibilité que l'imaginaire offre de traverser les dites hudud.
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(...) je jouais à I-msaria b-Iglass (littéralement: la promenade assise), un jeu que j'ai inventé à cette époque et que je trouve encore très utile à présent. Il suffit de trois conditions pour jouer. La première est d'être bloqué quelque part, la deuxième d'avoir une place pour s'asseoir, la troisième d'être capable d'assez d'humilité pour estimer que son temps n'a aucune valeur. Le jeu consiste à observer un terrain familier comme s'il vous était étranger. (8-9) |
Voilà une activité qui ressemble fort à l'idée qu'Albert Bernard se fait du voyage dans son poème "Les longs voyages".
Je me cale dans un coin et je joue à I-msaria b-Iglass. Me viennent des effluves de miel et de thé à la menthe.
La Juvimaginant






