Carnets d'une juvéniste

 

Une juvéniste dans la blogosphÚre. B-logos-sphÚre: la sphÚre de la parole.

 

Lundi 20 juin 2005

Toujours en voie de...

 

 

Croyait terminer demain. Conférence à l'arrêt. Se perdre volontairement encore une fois dans les voix(es) de (sur) la traduction. Nouvelles lectures: Venuti, Oittinen, Leo T. Chang. Relectures de passages importants: Schleiermacher, Gadamer, Meschonnic, Genette, etc. Quand le bateau tangue, je sais qu'il approche du port. Arrimages inédits. L'écriture me prend, mais ne me surprend pas. Signe qu'il manque quelque chose. Qu'il faut trouver. Chercher dans les failles. C'est là que se cache la lumière. MADE bientôt, sinon MAD...

 

La Juvobsédée

par La Juvéniste publié dans : Climats
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Commentaires

Une immobilité explosive

"le silence tout à coup tombe
au milieu du langage [...]
rien n'est jamais rendu à son origine
et pourtant cela qui se disait sans mots
appelle à la fois les mots et par eux
une substance originelle
quelque chose
d'inarticulé une pénétration définitive [...]
le visible est un gouffre inversé
il jette sa profondeur au visage
en même temps qu'il la creuse dans la surface
son secret peut-être est chez les morts
sa porte dans nos yeux [...]
Bernard Noël, Les Yeux dans la couleur, P.O.L., 2004, pp. 121-124.
commentaire n° : 1 posté par : Yves le: 21/06/2005 09:42:57
Merci Yves pour ce texte poétique plein de cette matière encore désarticulée qui m'échappe, mais qui, je l'espère, me jettera sa profondeur au visage. Je regarde, ne fais que cela. J'ai trouvé la porte, l'ai entrouverte, ai vu des ombres, des formes se dessiner. Aujourd'hui, elles se font plus claires. L'écriture trouve sa matérialité dans l'Auberge du lointain (une expression d'Antoine Berman qui n'a de cesse de me faire voyager), cet endroit accueillant dans lequel je cherche à saisir le corps de la Lettre sans le trahir, retouchant sa forme en ménageant sa peau, les contours de sa fulgurance. Ce qui n'est pas facile...
commentaire n° : 2 posté par : La Juvéniste le: 21/06/2005 19:12:23
Vos effleurements des lointains me fascinent (au sens sacré/magique/paganisant du mot) par le dessin estompé et brûmeux des frontières qu'ils suggèrent. Je perçois aussi - par votre absence de faux-semblants- la longue route que vous avez parcourue.
Très magnétique et "bretonien", ce mot fulgurance, ou quête du Graal ? "La beauté convulsive sera érotique-voilée, explosante-fixe,
magique-circonstancielle ou ne sera pas." En vous lisant, je me disais aussi que peut-être il faudrait parfois exercer un recours "contre" la pensée, car dans la dialectique pensée/poésie, la première s'exerce toujours au détriment de la seconde. J'en viens parfois à ne pas désirer "lever le voile" ou (autrement dit) à ne pas vouloir ouvrir "les portes de corne et d'ivoire". Et dans le même temps, je me dis que par là c'est de ma peur (horreur sacrée ?) que je parle. Comme si la poésie était de connivence avec la folie.
commentaire n° : 3 posté par : Yves le: 22/06/2005 10:55:53
Travail d'enquêteur à la sherlok Holmes de trouver ce qui cloche!
Mais je te fais confiance sur ce sujet, tu es assez tenace pour découvrir le fauteur de troubles...
Bises de la dragonne
commentaire n° : 4 posté par : walsong (site web) le: 11/07/2005 10:57:11

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